Voilà une étude dont le résultat est loin de la réalité que j’ai connu en Belgique. J’ai en effet été surprise d’apprendre que le temps de trajet moyen domicile-maison en Belgique était l’un des plus longs du monde !

En effet, le Belge met en moyenne 37 minutes pour se rendre à son travail, ce qui le place dans le top 3 mondial, après la Chine (42 mn) et les Indiens (39mn), tandis que la moyenne mondiale se situe à 30mn. En Europe, les Allemands puis les Français clôturent le top 3.

Du coup, 15% des Belges ont pensé durant les deux dernières années à changer de boulot pour se rapprocher de leur domicile, et même 44% de ceux qui ont plus d’une heure de trajet.

Et habiter en centre-ville ne sert pas à grand-chose : 40 % des habitants de centre-ville quittent leur ville pour bosser ailleurs. Ces centres névralgiques pour l’emploi sont principalement Bruxelles, Anvers-Sud, Gand, Charleroi et Liège.

Ce qui n’arrange rien, c’est le manque cruel d’infrastructures. Si les autoroutes sont légion ici (le fameux culte de la voiture-reine n’existe pas que dans le Nord de la France !), l’accent n’est pas suffisamment mis sur les transports en commun. C’est surtout le manque de parkings gratuits aux abords des gares et des arrêts de bus qui est décrié. Ainsi, 55% des Belges prennent la voiture pour aller travailler, et alimenter les bouchons, tandis que seulement 20% prennent les transports en communs. Notons quand même que 11% des travailleurs se rendent au travail en vélo ou à pied, ce que je trouve déjà pas si mal. Et vu qu’ils habitent loin de leur lieu de travail, 44% des automobilistes font plus de 15 000 km par an…

Il y a encore du boulot pour faire de Bruxelles et du royaume un exemple européen… Mais au moins, il reste beaucoup de marge de progression…

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C’est une tribune qui a suscité la colère (et la réaction pitoyable) de Bernard Kouchner. Guy Verhofstadt, ancien Premier Ministre belge d’origine flamande et plutôt bien accepté des deux côtés de la frontière linguistique, a écrit au Monde pour dire ce qu’il pensait du débat sur l’identité nationale d’ Eric Besson et consorts.

« Pour ses voisins, la France a souvent été un modèle d’inspiration et d’admiration, par l’intensité et la portée universelle des débats intellectuels dont elle a le secret. Elle est source d’accablement pour ses amis qui la voient se perdre dans une polémique stérile sur l’identité nationale. L’opportunité politicienne de ce débat, sa conduite hésitante et ses finalités floues donnent en effet l’impression désastreuse que la France a peur d’elle-même. Il y a décidément quelque chose de pourri en République française.

[…] Quelles sont les finalités de cette affaire ? Apprendre La Marseillaise à l’école ? L’absurde le dispute au grotesque.

Non pas qu’il faille avoir honte de son chant patriotique. Mais plutôt que de se lamenter sur le fait que les jeunes connaissent mieux les paroles d’un chanteur à la mode plutôt que celles de l’hymne national, les Français devraient plutôt être fiers de savoir que La Marseillaise est connue.

Cette crispation sur les symboles nationaux est le symptôme le plus patent du malaise national transpirant à travers ce débat raté. C’est un réflexe de peur incompréhensible quand on connaît le poids et l’influence de la France en Europe et dans le monde. Tous les pays ont des problèmes d’immigration, les ex-pays coloniaux plus que les autres, mais nous savons bien que c’est moins l’islam qui pose problème que le manque de formation et le chômage.

[…] de la France qu’on aime et dont on a besoin, on attend des idées, des projets, et non pas le repli identitaire d’une vieille nation frileuse, plus occupée à ressasser les échecs du passé qu’à préparer ses succès de demain. Le légitime respect dont jouit toujours la France hors de ses frontières est un gage de reconnaissance précieux et un point d’appui pour redonner confiance aux Français. Un peuple confiant trouvera sa place dans l’Europe et le monde. Et ses gouvernants seraient bien inspirés d’en prendre conscience. »

Personnellement, mon attachement à la France (dont j’ai la nationalité) pendant les 25 ans où j’ai résidé en Flandre n’a jamais fait de doute. J’ai fait mes études en France et ai gardé ma nationalité française, malgré l’insistance des autorités flamandes qui voulaient que je devienne belge, que j’apprenne le néerlandais, que j’étudie en Flandre. Et pourtant, je ne chante plus la Marseillaise, hymne à l’incitation patriotique et outil de propagande nationaliste depuis que j’ai vu J-M Le Pen la glorifier à chacun de ses meetings. Je n’ai qu’une nationalité, mais me sens bi-culturelle, et l’appel au chauvinisme patriotique me choque et me fait peur. Et paradoxalement (ou peut-être pas d’ailleurs), je me sens moins française depuis que j’y habite. Les tracasseries administratives, l’arrivée de Nicolas Sarkozy au pouvoir, la chasse aux étrangers, et à ceux qui ne le sont pas , comme moi en somme, m’ont dégoûtée de ce pays, mon pays, dont je vantais les mérites encore en Belgique, pour lequel je me suis battue bec et ongles pour en rester la citoyenne. Ce pays qui en 2008 m’a dit que, parce que ma mère est née à l’étranger, je n’étais peut-être qu’une sale usurpatrice d’identité, et qui ma refusé de renouveler mes papiers d’identité, réputés peut-être « volés à un vrai Français ».

Alors on peut critiquer la tribune de M. Verhofstadt, ancien Premier Ministre d’un pays qui se déchire mais qui n’a pas à se poser la question de son identité, mais c’est pour l’instant la seule intervention qui soit sensée dans ce débat, et qui admet que ce débat est comme ce pays : il n’a qu’une obsession : les étrangers. Plutôt que de les accuser de tous les maux du pays, il serait peut-être plus utile d’étudier les raisons pour lesquelles les enfants de la République s’en détournent, et ne chantent plus la Marseillaise.

Initiative ludique ce 12 février dernier dans les écoles néerlandaises.

Afin de sensibiliser au réchauffement climatique, les écoliers, les fonctionnaires et les employés des entreprises du domaine de l’énergie se sont glissés dans leurs pulls les plus chauds, afin de baisser la température des bâtiments de 2 °C.

Les plus grandes universités du pays participaient également à l’initiative, qui a eu lieu pour la quatrième année de suite. D’après l’organisateur, le Syndicat du Climat, cela permet d’économiser beaucoup d’énergie  (sans pour autant la quantifier, ce qui est moins pédagogique.)

Et prouve aussi qu’on peut survivre même s’il ne fait pas 23°C dans la pièce…

En cette fête de Saint-Valentin, vous allez peut-être offrir des chocolats à votre dulcinée. Et quoi de meilleur que le chocolat belge, naturellement ?

Oxfam nous alerte pourtant sur l’origine des fèves de cacao utilisées dans la fabrication du chocolat que l’on trouve en grandes surfaces. Selon l’organisation humanitaire, 99,5 % de ces fèves sont cueillies par des enfants esclaves. Plus de 70% des fèves de cacao sont récoltées en Afrique de l’ouest, dans des pays comme le Ghana et la Côte d’Ivoire où les enfants sont exploités pour la récolte. Les petits fermiers gagnent tellement peu qu’il n’ont pas d’argent pour payer du personnel pour la récolte, affirme une porte-parole d’Oxfam. En Afrique de l’ouest, plus de 100.000 enfants travaillent dans le secteur du cacao. Selon des estimations, 15.000 enfants sont de véritables esclaves de pays voisins comme le Burkina Faso, affirme encore la représentants d’Oxfam. En Belgique, Kraft, la société-mère de Côte d’Or, admet que le travail des enfants constitue un problème, affirmant ne pas être en mesure de garantir que son chocolat n’a pas été produit avec des fèves récoltées par des enfants-esclaves.

Evidemment, Oxfam en profite pour demander aux producteurs belges d’utiliser des fèvres de cacao provenant du commerce équitable, ce qu’essaie de faire Côte d’Or. « Depuis novembre 2009, nous travaillons avec des fèves certifiées par la Rainforest Alliance. Les plantations ayant recours au travail d’enfants perdent d’office leur certificat », dit-on chez Kraft. « En 2012, l’ensemble du cacao utilisé pour le chocolat Côte d’Or devra avoir ce label ». Oxfam va lancer une campagne de sensibilisaiton des producteurs au problème des enfants-esclaves.

Même si le chiffre de 99,5% paraît trop élevé pour être vrai, et que l’on peut toujours « soupçonner » Oxfam de prêcher pour sa paroisse du commerce équitable, cela n’empêche pas d’y réfléchir à deux fois en achetant sa tablette au supermarché… Au risque d’écorner le mythe du bon chocolat belge…

Bienvenue sur le site de la Journée de l?Artisan !

La Journée de l’Artisan, dont la quatrième édition a lieu ce dimanche 7 février 2010, est organisée par le SPF Economie, PME, Classes moyennes et Energie à l’initiative de la Ministre des PME, des Indépendants, de l’Agriculture et de la Politique scientifique.

Des centaines d’artisans vous ouvrent les portes de leur atelier pour vous faire partager leur passion. Chocolatier, ébéniste, chapelière, sculpteur, styliste, créateur de bijoux,…

Partez à la découverte d’un savoir-faire exceptionnel, pour une journée pas comme les autres.

Il s’agit de partir à la découverte du savoir-faire de chez nous. Une initiative de Sabine Laruelle, Ministre des PME, des Indépendants, de l’Agriculture et de la Politique scientifique.

Pour plus d’infos, faites un tour ici.

Nous avons déjà évoqué la question du devoir moral chez les Flamands (ici et ). Un autre domaine où s’exprime cette notion d’obligation civique est la question du ramassage des ordures et notamment de leur tri sélectif. J’entends déjà certains Hexagonaux râler sur l’opportunité d’un tel tri (aah l’éternelle théorie du complot), et sur le caractère prétendûment fastidieux de cette tâche. Dîtes-vous bien qu’en Flandre, c’est pire. Et qu’en plus ça vous coûte beaucoup plus cher.

Je suis toujours étonnée quand on me dit que trier, c’est compliqué (à la limite) et demande plus d’efforts. Pour moi, jeter une bouteille dans telle poubelle plutôt qu’une autre n’est pas plus fatiguant. Heureusement, l’idée commence à faire son chemin, et c’est tant mieux, car n’oubliez pas que sivotre poubelle contient plusieurs déchets non autorisés, c’est tout son contenu qu’on ne peut plus recycler.

En Belgique, tout d’abord, pas de poubelles en « dur », tout se jette dans des sacs poubelles (hormis dans les tours HLM). Ceci présente l’avantage de ne pas devoir les rentrer le soir et traverser le salon avec. Evidemment, on ne peut les sortir le soir qu’après 19H (ce qui est vrai en France aussi mais plus rarement respecté… En Flandres un officier zélé peut vous dresser une amende…). Et le ramassage a lieu souvent aux petites heures du matin (6H30 en hiver, 5H30 en été dans ma petite commune de 35 000 habitants). Et non pas à 17H30 en pleine heure de pointe comme à Levallois-Perret 😉 . Toujours dans ma petite ville, mais je suppose que cela doit être différent dans les plus grandes, le ramassage des déchets ménagers a lieu une fois par semaine seulement, le recyclable plastique une fois par quinzaine, le papier une fois par mois, et le tout toujours le même jour de la semaine. Le verre est à porter aux containers disséminés dans la ville.

Pour favoriser davantage le tri et éviter de jeter à tout-va, les municipalités ont aussi trouvé quelques astuces. Tout d’abord, le ramassage des encombrants n’existe pas (ou plus), car trop onéreux (auparavant il n’était pourtant organisé qu’une fois par an). Cela vous passe le goût de changer de fauteuils ou d’électro-ménagers tous les ans…  Ces déchets encombrants sont donc à porter par vos soins à la déchetterie de la ville, qui n’a rien à voir avec les déchetteries françaises. En Flandres, on vous demandera de séparer autant que possible les plastiques des bois et du métal, pour tout poser dans l’un de la vingtaine de containers placés à cet effet.

Mais surtout, là où les municipalités sont les plus rusées, c’est dans l’instauration du sac poubelle payant. En effet, seuls les sacs estampillés du logo de la ville sont ramassés. Ces sacs sont à acheter en mairie ou dans les supermarchés de la ville. Et ils ne sont pas donnés ! Le but est de facturer au maximum les sacs à déchets ménagers (1€ le grand sac), et de vendre beaucoup moins cher les sacs pour les plastiques recyclables (20 cts le grand sac). Ainsi, pour ne pas gaspiller les sacs à déchets, on est incité à utiliser au maximum les sacs à recyclage, ce qui évite de jeter des bouteilles plastiques encombrantes dans le mauvais sac. On ne jettera ainsi que des sacs poubelles remplis sur le trottoir. Et ça marche ! Le poids des déchets belges par foyer est presque de moitié moindre que celui de leurs voisins français. Et tout ça se passe sans rechigner….

PS : J’oubliais, mais il va sans dire qu’en plus de ces sacs surtaxés, les impôts sur le ramassage des poubelles sont plus élevés aussi de ce côté de la frontière…

C’est du moins ce qu’une grande majorité d’entre eux feraient si l’argent et le travail n’avaient pas d’impact sur le lieu d’habitation. La côte et la campagne ont aussi les faveurs des Néerlandais.

Et comme je les comprends !! Lors de mon dernier voyage aux Pays Bas l’été dernier, j’ai eu l’occasion de découvrir les petites bourgades d’Edam, Volendam, Monnickendam (mon préféré !!) et Marken, le pittoresque petit village de pêcheurs. Ces villages, à à peine 10 ou 15 kms d’Amsterdam, sont situés dans la région d’eau Waterland. Les canaux y sont légion, et cela donne un aspect particulier à cette campagne des polders. Evidemment on est loin de la campagne made in Normandie, mais c’est sans doute pas plus mal.

Loin du rythme de la ville, tout ici y est paisible et agréable. Les gens disposent souvent d’un petit canal au bout de leur jardin, et se déplacent en barques, façon Dawson’s Creek !

Malheureusement, les villes et les promoteurs immobiliers sont loins des préoccupations de calme et de verdure des habitants. Le gouvernement exige que 40% des nouvelles constructions aient lieu dans des zones déjà densément urbanisées, ce qui signifie souvent que l’on commence à construire des tours et des barres d’immeubles à la française au lieu des maisons individuelles dont rêvent les Hollandais.

L’un des facteurs prépondérants dans ce choix de vie hollandais est le contact avec la famille et les amis, et la préservation du lien social. Ce n’est évidemment pas dans les grandes villes que l’on connaît le mieux son voisin. On apprend ainsi que certaines régions des Pays Bas ont la côte, et que d’autres, telles Utrecht, pas tellement… L’étranger est aussi une alternative pour 25% d’entre eux. En première place des pays où il fait mieux vivre… la Belgique ! Arrivent ensuite la France, le Portugal et l’Italie, qui plaisent par leur climat. L’Allemagne aussi attire, mais oui, mais là c’est davantage pour son marché immobilier (l’immobilier est horriblement cher en Hollande – comptez 600 000€ pour une maison moyenne dans cette campagne amstellodamoise).

Je me rejoins à cette idée qui gagnerait à être appliquée en France, pays encore plus concentré que les Pays-Bas : deux tiers des sondés souhaiteraient que l’état favorise l’étalement des populations et la densification des campagnes en aidant les entreprises et les transports, ainsi que les théâtres et autres activités culturelles. Ceci permettrait de rendre attractives toutes les régions du pays… A méditer aussi en France où un habitant sur six habite en Ile-de-France, et où la moitié de ces Franciliens sont des provinciaux exilés pour le travail…