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Une étude de De Tijd s’est amusée à décortiquer les postes de dépenses des moins de trente ans en Belgique, selon qu’ils sont Néerlandophones ou Francophones, partant du principe que cette classe d’âge avait moins de charges et de responsabilités financières.

Même si les différences ne sont pas flagrantes, on constate que les Wallons dépensent plus que leurs voisins pour les postes « obligatoires » (logement, voiture), alors que les Néerlandophones dépensent plus pour leurs loisirs… De nouveaux chiffres qui tendent à accréditer la thèse du pouvoir d’achat plus important en Flandre…

Répartition des dépenses:

  Néerlandophones Francophones
Logement 28,8% 32,1%
Voyages 11,5% 10,1%
Sorties 10,1% 9,6%
Voiture 9,3% 10,3%
Restaurant 9,3% 9,1%
Loisirs 9,2% 8,6%
Technologie 6,1% 6,1%
Sport 5,9% 4,7%
Culture 5,2% 5,1%
Média 4,7% 4,3%

Source: De Tijd/Enquête Insites Consulting

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Voilà une étude dont le résultat est loin de la réalité que j’ai connu en Belgique. J’ai en effet été surprise d’apprendre que le temps de trajet moyen domicile-maison en Belgique était l’un des plus longs du monde !

En effet, le Belge met en moyenne 37 minutes pour se rendre à son travail, ce qui le place dans le top 3 mondial, après la Chine (42 mn) et les Indiens (39mn), tandis que la moyenne mondiale se situe à 30mn. En Europe, les Allemands puis les Français clôturent le top 3.

Du coup, 15% des Belges ont pensé durant les deux dernières années à changer de boulot pour se rapprocher de leur domicile, et même 44% de ceux qui ont plus d’une heure de trajet.

Et habiter en centre-ville ne sert pas à grand-chose : 40 % des habitants de centre-ville quittent leur ville pour bosser ailleurs. Ces centres névralgiques pour l’emploi sont principalement Bruxelles, Anvers-Sud, Gand, Charleroi et Liège.

Ce qui n’arrange rien, c’est le manque cruel d’infrastructures. Si les autoroutes sont légion ici (le fameux culte de la voiture-reine n’existe pas que dans le Nord de la France !), l’accent n’est pas suffisamment mis sur les transports en commun. C’est surtout le manque de parkings gratuits aux abords des gares et des arrêts de bus qui est décrié. Ainsi, 55% des Belges prennent la voiture pour aller travailler, et alimenter les bouchons, tandis que seulement 20% prennent les transports en communs. Notons quand même que 11% des travailleurs se rendent au travail en vélo ou à pied, ce que je trouve déjà pas si mal. Et vu qu’ils habitent loin de leur lieu de travail, 44% des automobilistes font plus de 15 000 km par an…

Il y a encore du boulot pour faire de Bruxelles et du royaume un exemple européen… Mais au moins, il reste beaucoup de marge de progression…

C’est du moins ce qu’une grande majorité d’entre eux feraient si l’argent et le travail n’avaient pas d’impact sur le lieu d’habitation. La côte et la campagne ont aussi les faveurs des Néerlandais.

Et comme je les comprends !! Lors de mon dernier voyage aux Pays Bas l’été dernier, j’ai eu l’occasion de découvrir les petites bourgades d’Edam, Volendam, Monnickendam (mon préféré !!) et Marken, le pittoresque petit village de pêcheurs. Ces villages, à à peine 10 ou 15 kms d’Amsterdam, sont situés dans la région d’eau Waterland. Les canaux y sont légion, et cela donne un aspect particulier à cette campagne des polders. Evidemment on est loin de la campagne made in Normandie, mais c’est sans doute pas plus mal.

Loin du rythme de la ville, tout ici y est paisible et agréable. Les gens disposent souvent d’un petit canal au bout de leur jardin, et se déplacent en barques, façon Dawson’s Creek !

Malheureusement, les villes et les promoteurs immobiliers sont loins des préoccupations de calme et de verdure des habitants. Le gouvernement exige que 40% des nouvelles constructions aient lieu dans des zones déjà densément urbanisées, ce qui signifie souvent que l’on commence à construire des tours et des barres d’immeubles à la française au lieu des maisons individuelles dont rêvent les Hollandais.

L’un des facteurs prépondérants dans ce choix de vie hollandais est le contact avec la famille et les amis, et la préservation du lien social. Ce n’est évidemment pas dans les grandes villes que l’on connaît le mieux son voisin. On apprend ainsi que certaines régions des Pays Bas ont la côte, et que d’autres, telles Utrecht, pas tellement… L’étranger est aussi une alternative pour 25% d’entre eux. En première place des pays où il fait mieux vivre… la Belgique ! Arrivent ensuite la France, le Portugal et l’Italie, qui plaisent par leur climat. L’Allemagne aussi attire, mais oui, mais là c’est davantage pour son marché immobilier (l’immobilier est horriblement cher en Hollande – comptez 600 000€ pour une maison moyenne dans cette campagne amstellodamoise).

Je me rejoins à cette idée qui gagnerait à être appliquée en France, pays encore plus concentré que les Pays-Bas : deux tiers des sondés souhaiteraient que l’état favorise l’étalement des populations et la densification des campagnes en aidant les entreprises et les transports, ainsi que les théâtres et autres activités culturelles. Ceci permettrait de rendre attractives toutes les régions du pays… A méditer aussi en France où un habitant sur six habite en Ile-de-France, et où la moitié de ces Franciliens sont des provinciaux exilés pour le travail…

On croirait qu’au Benelux on a l’habitude de gérer les inconvénients du froid tel qu’il sévit en ce moment (surtout car l’on croit qu’il y fait froid comme en Sibérie, ce qui n’est évidemment pas le cas. Non, non, je vous jure).

Néanmoins, le Telegraaf.nl nous apprend que la majorité des villes néerlandaises ont préféré renoncer à évoquer la question du patinage sur les canaux et lacs gelés dans leur réglement municipal, afin de ne pas faire croire aux habitants que la ville était responsable en cas de chutes ou de bris de la glace.

Dans un pays assez procédurier (ils n’ont pas colonisé le Nord-Est des Etats-Unis pour rien…), les Hollandais ont en effet la fâcheuse tendance de faire des procès en responsabilité aux maires des villes où de tels accidents se produisent. Il y a encore quelques années, les réglements municipaux stipulaient que les civils avaient l’obligation d’évacuer la glace sur ordre de la police, et que les panneaux indiquant les zones dangereuses étaient interdits, afin de ne pas abîmer davantage la glace fragile. Tout ceci induisaient dans l’esprit des gens que la ville était responsable en cas d’accident, mais il n’en est rien. Les municipalités préfèrent donc ne plus rien dire, même s’il est toujours vivement déconseillé de patiner en cette saison, pas encore assez froide pour cette activité.

En Belgique, on se plaint plutôt de l’inefficacité des services d’épandage. Alors que les chutes de neige de ces jours-ci étaient prévues (un peu moins pour les premières en Flandres occidentales apparemment), les associations d’automobilistes Touring et VAB en ont assez de constater qu’à 11H du matin, il y avait encore 150km de bouchons rien qu’en Flandre.

Ils estiment que les services d’épandage n’ont pas retenu leurs leçons du chaos sur les routes l’année dernière. Il fallait hier 3 heures pour faire Gand-Bruxelles, la file de gauche étant neutralisée. Les services d’épandage se défendent en disant ne pas pouvoir faire plus : le salage préventif a bien été effectué, et ce sont près de 320 saleuses qui ont été mobilisées en Flandres, dès minuit. On est donc loin des faibles moyens français dans nos régions peu habituées au gel (le Nord, Paris, la Normandie…), et l’on comprend soudain beaucoup mieux pourquoi c’est tellement le bazar à Roissy dès qu’il tombe trois flocons…

A l’heure où en France on s’émeut de cette histoire de flics ripoux voleurs de cartes téléphoniques à Paris, sort en Belgique un sondage dans lequel on peut voir que les Belges font confiance en leur police.

Presque neuf Belges sur dix trouvent que les services de police effectuent un travail bon ou très bon, selon le Moniteur de la sécurité , une enquête biennale réalisée à la demande du SPF Intérieur. La satisfaction est supérieure de dix points aux résultats enregistrés en 2000, une évolution qui prouve, selon la ministre Annemie Turtelboom, le succès de la réforme de la police.

Mon expérience personnelle de la police dans les deux pays tend à confirmer ce résultat. Il ne s’agit là que de mon expérience personnelle, qui n’a donc aucune valeur scientifique et ne prouve rien, mais les rapports avec la police flamande ont toujours été justes, et oserais-je le dire, presque cordiaux. Et même si je parle français, ce qui n’est pas rien en terres néerlandophones. Par ailleurs, ils se sont toujours déplacés en cas de nuisances, de tapages nocturnes, sont très pro-actifs pour les voitures mal garées ou gênant la circulation, patrouillent beaucoup, bref ils se rendent utiles.

En région parisienne, où j’habitais dans une ville 4 fois plus grande que celle où j’habitais en Belgique, je n’ai que très rarement vu la police patrouiller, uniquement autour de la gare de la ville, et jamais je ne les ai vus descendre du véhicule… Dans le cas d’un tapage nocturne en pleine semaine (un mariage célébrée en semaine, avec musique à fond et 50 personnes chantant dans un 50m², toutes fenêtres ouvertes sur la cour bétonnée d’une grande résidence), la police a mis plus de deux heures à se déplacer, faisant cesser le bruit à 2h30 du matin… Lors d’un vol avec effraction dans les caves de mon immeuble, je me suis sentie comme accusée par le fonctionnaire venu relever des empreintes (ils sont venus avec un kit pour relever des empreintes, cela dit – ça, ça fait très pro). Et inutile de les appeler si une voiture est garée devant mon garage…

On me dira qu’ils n’ont pas beaucoup de moyens, j’en conviens. Mais cela n’explique pas la différence d’attitude envers les concitoyens qu’ils sont censés protéger.

Toujours est-il qu’en Belgique, notre étude du jour montre que les habitants ont donc un peu moins peur qu’avant. Leurs plus grosses craintes sont les conducteurs qui roulent trop vite en ville, ou qui sont trop agressifs au volant. Les troubles du voisinage les plus intempestifs sont les déchets sur la rue et les cambriolages. Un tiers d’entre eux  estiment pouvoir être victime d’un « crime de la circulation » dans l’année : la sécurité de la circulation a donc été ajoutée au tâches de base de la police.

On apprend également que les comportements d’évitement sont en baisse : un quart des Belges n’ouvre jamais la porte à un étranger, 7% d’entre eux évitent les transports en commun. Le nombre de Belges disposant d’une arme pour se défendre est passé de un sur quatre en 2000 à un sur huit.

Tout cela pendant qu’en France le sentiment d’insécurité grandit. Mais il est vrai que les politiques belges ne basent pas leurs programmes électoraux sur ce sujet…

Où jouit-on de la meilleure qualité de vie, et comment seulement la définir ?

Cest ce que s’attelle à faire le Programme des Nations Unies pour le Développement depuis 1980, grâce à son Indice de Développement Humain. Cet IDH prend en compte des facteurs tangibles, tels que le PIB par habitant, le taux d’alphabétisation, le niveau de scolarisation, l’espérance de vie… Il révèle alors tous les ans le nouveau classement des 182 pays ainsi mesurés.

Cette année, c’est donc en Norvège où l’on bénéficie de la meilleure qualité de vie, et au Niger où l’on se porte le moins bien : l’espérance de vie y est moindre de 30 ans par rapport à celle des Norvégiens.

 

fjords

1- Norvège

2- Australie

3- Islande

4- Canada

5- Irlande

6- Pays Bas

7- Suède

8- France

9- Suisse

10- Japon

11- Luxembourg

13- Etats-Unis

17- Belgique

180- Sierra Leone

181- Afghanistan

182- Niger

La France a gagné 3 places par rapport au précédent classement, le Luxembourg a au moins perdu deux places. Les pays dont l’IDH a le plus augmenté sont la Chine, l’Iran et le Népal, mais l’agence onusienne relève aussi que cette tendance a davantage concerné l’éducation et la santé que le revenu par habitant.

En tout cas, pour les pays qui nous occupent sur ce blog, cela correspond plutôt bien à l’idée que je m’en faisais…. 😉

En Belgique et aux Pays-Bas, c’est aujourd’hui le Dimanche sans voiture. En Belgique, ce dimanche cloture même en apothéose la Semaine de la Mobilité. La région Wallonne a ainsi organisé au long de cette semaine des petits déjeuners dans les gares pour les navetteurs, des courses familiales à vélos (le fameux Beau Vélo de Ravel ou le Vélobrabançonne prennent part à l’évènement).

 

mainpage

Parallèlement, des actions pédagogiques sont organisées dans les écoles et les zones d’activités pour sensibiliser les gens à utiliser les transports en communs et à délaisser leurs voitures pour chercher le pain du dimanche. Parce que malheureusement, malgré la prise dde conscience écologique des dernières années, les mentalités ont toujours du mal à changer, d’autant que l’offre a du mal à s’adapter aux besoins des navetteurs et des travailleurs.

En attendant, ce sont près de 26 villes wallonnes et 32 communes flamandes qui participent à l’opération cette année, et à Bruxelles, on est heureux de pouvoir respirer de l’air frais entre 9h et 19h ce dimanche ! Le point d’orgue sera d’ailleurs le village champêtre sur la place du palais. La Flandre a lancé une campagne de co-voiturage et fait la promotion des voies de circulation douce, qui permettent de relier deux villes en vélo.

A Amsterdam également, le centre-ville déjà ordinairement peu enclin aux voitures a aujourd’hui complètement fermé ses portes aux automobiles et autres engins à moteurs. Notons que dans la plus pure tradition de tolérance hollandaise, la ville a mis des navettes à disposition des musulmans qui doivent se déplacer voir la famille pour fêter la fin du Ramadan.

Et en France ? Il semble que l’initiative lancée il y a plusieurs années soit complètement tombée dans l’oubli ! Sur Internet, je n’ai trouvé que la ville de Colomiers, et un échangeur d’autoroute fermé près de Nice ! Dommage d’avoir raté le train ! Bref, rangez vos voitures et profitez du soleil pour aller au marché !