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Pour ce qui est de l’immobilier en Flandres, il semblerait que 2009 n’ait pas été l’année noire annoncée.

Car, même s’il est vrai que le premier semestre 2009 a connu une baisse des prix par rapport au semestre précédent, le deuxième semestre 2009 a permis de renverser la tendance, pour atteindre un prix de vente moyen un tout petit peu supérieur à celui de fin 2008, soit 175 156€ pour une maison.

Les prix ont tout de même un peu baissé au global sur 2009, mais uniquement à Bruxelles et en Wallonie, où les maisons « moyennes » ont baissé d’un petit 0,4%. La Flandre a quant à elle connu une hausse de 1,1% de ses prix pour des biens équivalents. Quant aux appartements, ils ont augmenté de 2%, et les terrains de 11,8% ! Ainsi, le prix du mètre carré de terrain en Flandre était en moyenne de 147€, contre 42 seulement en Wallonie.

Le seul segment à ne pas tirer son épingle du jeu est celui des villas, qui a perdu 4,9%, pour atteindre en 2009 324.651€ en moyenne (soit deux fois moins quand même qu’une maison de ville dans les Hauts de Seine…)

D’après le Ministère de l’Economie belge, les maisons sont les plus chères dans le Brabant Flamand et Wallon, les appartements les plus chers en Flandres Occidentales.

Et pourtant, la Flandre occidentale détient le plus grand nombre de villes au classement des villes les moins chères de toute la Flandre (dont la mienne, qui est apparemment la deuxième moins chère de Flandre… Je me disais aussi…)

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Une étude de De Tijd s’est amusée à décortiquer les postes de dépenses des moins de trente ans en Belgique, selon qu’ils sont Néerlandophones ou Francophones, partant du principe que cette classe d’âge avait moins de charges et de responsabilités financières.

Même si les différences ne sont pas flagrantes, on constate que les Wallons dépensent plus que leurs voisins pour les postes « obligatoires » (logement, voiture), alors que les Néerlandophones dépensent plus pour leurs loisirs… De nouveaux chiffres qui tendent à accréditer la thèse du pouvoir d’achat plus important en Flandre…

Répartition des dépenses:

  Néerlandophones Francophones
Logement 28,8% 32,1%
Voyages 11,5% 10,1%
Sorties 10,1% 9,6%
Voiture 9,3% 10,3%
Restaurant 9,3% 9,1%
Loisirs 9,2% 8,6%
Technologie 6,1% 6,1%
Sport 5,9% 4,7%
Culture 5,2% 5,1%
Média 4,7% 4,3%

Source: De Tijd/Enquête Insites Consulting

Après avoir été les premiers à utiliser une Carte Vitale, à avoir informatisé les cartes d’identité, voilà que les Belges vont mettre en place d’ici la fin de l’année les chèques-resto électroniques !

Cela simplifiera la vie des employeurs, des commerçants et des utilisateurs, selon le ministre pour l’Economie et la Simplification administrative, Vincent Van Quickenborne.

Concrètement, les chèques-repas se présenteront sous la forme d’une carte bancaire avec un code PIN à introduire, lors de l’achat, dans un terminal déjà existant. Plus de tracasserie administrative pour les employeurs et les commerçants et plus de problème de perte ou de vol pour les utilisateurs. Si la carte est gratuite pour les travailleurs, les petits commerçants ne disposant pas de terminal bancaire devront dès lors investir dans un machine ou tout simplement refuser le paiement avec la carte.

D’autres avantages présentés par la carte: réception d’un courriel ou d’un SMS lorsque les montants du bénéficiaire arrivent à expiration (toujours trois mois de validité), possibilité pour les utilisateurs de consulter leur compte sur internet, délai de deux jours maximum pour rembourser les commerçants, plus de problème de remboursement d’argent aux clients et atout écologique puisque réduction de la consommation de papier.

Les commerçants et les employeurs décideront de la version qu’ils veulent privilégier. Le système papier cohabitera donc, dans un premier temps, avec le système électronique, la finalité étant tout de même de faire disparaître le chèques-repas papier à long terme. Plus de 1,3 million de travailleurs bénéficient de chèque-repas, atteignant jusqu’à 140 euros par mois par utilisateur. Depuis son apparition en 1965, le chèque-repas est l’avantage extralégal préféré des Belges.

J’entretiens avec la France un rapport ambigu depuis ces dernières années, surtout depuis que j’y habite pour de vrai. Avant ça, l’éloignement (même relatif) m’a conduit à idéaliser ce pays des Droits de l’Homme, où il faisait bon vivre à l’heure de l’apéro et de la sieste, dans des petits villages préservés de la Dordogne, au pays des la Sécurité Sociale et où on pouvait vivre décemment. Evidemment, la vie n’est pas une carte postale, et la réalité du quotidien est plus nuancée que ces clichés qu’on aime à entretenir malgré tout, tellement ils font du bien à notre moral endolori.

Néanmoins, une seule chose me choque réellement : la discrimination qui y est presque institutionnalisée, banalisée au quotidien : les cités-ghettos, la misère sociale, les rapports de la police avec les Maghrébins, la montée du FN depuis 20 ans… Le tout couronné par l’avènement au trône à l’Elysée de N. Sarkozy, ce petit prince de sang-mêlé qui exacerbe les tensions entre êtres humains plutôt que d’appeler à leur apaisement.

Malheureusement, la discrimination n’est pas l’apanage de ce pays seulement, et l’on assiste aussi en Belgique ces dernières années à un regain de tension entre communautés flamande et francophone. Heureusement, elles ne concernent pas tout le pays, qui n’aurait pas pu tenir si longtemps face à une situation proche de la balkanisation. Mais il n’empêche que depuis quelques années, il semble que cette situation s’institutionnalise, avec le vote de nouvelles lois limitant tout bonnement la liberté des francophones. Après un décret en 2005 instituant une obligation d’apprendre le néerlandais pour les francophones en attente de logements sociaux en Flandres, c’est maintenant le Wooncode qui fait débat en poussant le bouchon un peu plus loin. Celui-ci, sous couvert de protéger les habitants locaux de la flambée des prix immobiliers, souhaite encadrer l’accession à la propriété privée des 40% des régions les plus chères de Flandres.

Comme par hasard, les zones concernées sont toute la périphérie bruxelloise, la frontière hollandaise (Anvers-Gand), et la Côte belge, soit toutes les zones économiques et touristiques flamandes. Si la banlieue de Bruxelles (ville majoritairement francophone dans une enclave périphérique entièrement flamande) fait l’objet de nombreuses crispations depuis des années, la Côte est aussi hautement symbolique, car en Belgique, toute la mer est située en territoire flamand. Jusqu’à présent, on tolérait donc la présence des touristes wallons, puisque c’était aussi un peu leur mer, quand même… Maintenant ça devient plus compliqué, et il n’est plus si rare de se faire rembarrer quand on parle français dans certaines villes balnéaires touristiques…

Les critères du Wooncode (basés sur la connaissance linguistique) faisant l’objet de débats, même au sein des partis flamands, le gouvernement flamand a été contraint de faire machine arrière et d’adapter son décret « Wonen in eigen streek » (« Habiter dans sa propre région »). S’il n’est plus question de linguistique, les critères conservés restent suffisamment sélectifs. Le candidat à la propriété privée dans le Nord du pays doit faire preuve de son attachement à la commune : y avoir habité plus de six ans, ou y travailler plus qu’à mi-temps, et « avoir noué avec la commune un lien professionnel, familial, social et économique important et de longue durée”. Le Wallon qui veut s’acheter une résidence secondaire pour sa retraite à la mer à donc intérêt à s’inscrire dans des assos locales bien avant d’entamer son projet d’achat… Le but manifeste de cette nouvelle mesure est donc, comme le dénoncent les partis francophones, d’homogénéiser les populations de Flandre, et d’éviter la mixité culturelle. Evidemment, l’incidence sur les prix de l’immobilier de cette nouvelle mesure n’a pas été prouvée, d’autant que la moitié des zones concernées sont davantage touchées par l’immigration massive hollandaise, qui fait flamber les prix de la région Anversoise et du Limbourg.

Des cas ubuesques commencent à éclore, ce qui explique le regain de tensions de ces derniers mois. Deux plaintes ont déjà été portées face à la Commission Européenne. Espérons que cette dernière parviendra à faire casser ce décret clairement en opposition avec la notion de libre circulation et libre installation des personnes en Europe.

Pendant ce temps, Jean-Luc Dehaene, ancien Premier Ministre emblématique maintenant chargé de déminer la question de la scission de l’arrondissement BHV, se contente de dire que ça finira bien par passer, comme toutes les crises antérieures du pays… Tant qu’il y en a qui gardent l’espoir…

Pour un pays peu friand de centres commerciaux, c’est l’évènement du week-end !

En effet, les quelques rares centres commerciaux du royaume font souvent triste mine, entre leurs piliers de béton peints et leurs petites surfaces dédiées à des ensiegnes pas forcément connues. Je passe sur les (plus nombreux mais hideux) centres étalés le long des nationales, où il faut prendre sa voiture pour passer d’un parking à l’autre, tellement l’enfilade de grandes surfaces de déco et de bricolage est étendue…

Jusqu’à présent, pour le shopping dans ma région, il valait meux passer la frontière et se rendre dans le pétillant Lille pour trouver chaussure à son pied et guenille à porter… Mais cela rique de changer, car ce week-end a vu l’inauguration d’un tout grand, tout ouvert, tout espacé, tout lumineux centre commercial à Courtrai : le K.

Spécificité : il est en plein centre ville piétonnier, ce qui est assez rare, comme on l’a souligné. Mais surtout, et ça ça me plait bien en Belgique, c’est que les architectes ont fait un bel effort pour intégrer avec sobriété la modernité dans ce quartier ancien de la ville : des murs de pierres blanches et d’écrans plasma, à la grande verrière qui éclaire un food-core énorme (tout le deuxième étage, on sent que l’on est en Belgique 😉 ). Le tout s’inscrit d’ailleurs dans le cadre du renouveau urbain décidé par la ville et lancé depuis 2006. Ce qui m’a étonnée, c’est qu’à Courtrai, depuis l’ouverture il y a une dizaine d’année de l’autre centre commercial du coin, le Ring Shopping Center de Kuurne, les commerçants s’étaient tournés vers le luxe et le haut de gamme, histoire d’attirer une autre clientèle et ne pas perdre un combat perdu d’avance contre celui qui passait alors pour le summum de la modernité… Je n’étais pas du tout au courant de la construction de ce nouveau centre commercial, et c’est en déambulant au hasard de ce samedi après-midi que je découvrais non seulement le retour dans le quartier des enseignes plus françaises grand public, mais ce bijou de l’architecture moderne !

L’inauguration (avec une fanfare à vélo !) a d’ailleurs attiré les foules : la police était mobilisée pour faire la circulation et empêcher qu’une foule trop compacte ne se masse à l’intérieur !

On dirait que les Flamands ont enfin embarqué dans le train de la modernité… Je vous conseille en tout cas d’y faire un tour, en plus de découvrir le reste de la ville qui vaut bien le détour !

Voilà une étude dont le résultat est loin de la réalité que j’ai connu en Belgique. J’ai en effet été surprise d’apprendre que le temps de trajet moyen domicile-maison en Belgique était l’un des plus longs du monde !

En effet, le Belge met en moyenne 37 minutes pour se rendre à son travail, ce qui le place dans le top 3 mondial, après la Chine (42 mn) et les Indiens (39mn), tandis que la moyenne mondiale se situe à 30mn. En Europe, les Allemands puis les Français clôturent le top 3.

Du coup, 15% des Belges ont pensé durant les deux dernières années à changer de boulot pour se rapprocher de leur domicile, et même 44% de ceux qui ont plus d’une heure de trajet.

Et habiter en centre-ville ne sert pas à grand-chose : 40 % des habitants de centre-ville quittent leur ville pour bosser ailleurs. Ces centres névralgiques pour l’emploi sont principalement Bruxelles, Anvers-Sud, Gand, Charleroi et Liège.

Ce qui n’arrange rien, c’est le manque cruel d’infrastructures. Si les autoroutes sont légion ici (le fameux culte de la voiture-reine n’existe pas que dans le Nord de la France !), l’accent n’est pas suffisamment mis sur les transports en commun. C’est surtout le manque de parkings gratuits aux abords des gares et des arrêts de bus qui est décrié. Ainsi, 55% des Belges prennent la voiture pour aller travailler, et alimenter les bouchons, tandis que seulement 20% prennent les transports en communs. Notons quand même que 11% des travailleurs se rendent au travail en vélo ou à pied, ce que je trouve déjà pas si mal. Et vu qu’ils habitent loin de leur lieu de travail, 44% des automobilistes font plus de 15 000 km par an…

Il y a encore du boulot pour faire de Bruxelles et du royaume un exemple européen… Mais au moins, il reste beaucoup de marge de progression…

C’est une tribune qui a suscité la colère (et la réaction pitoyable) de Bernard Kouchner. Guy Verhofstadt, ancien Premier Ministre belge d’origine flamande et plutôt bien accepté des deux côtés de la frontière linguistique, a écrit au Monde pour dire ce qu’il pensait du débat sur l’identité nationale d’ Eric Besson et consorts.

« Pour ses voisins, la France a souvent été un modèle d’inspiration et d’admiration, par l’intensité et la portée universelle des débats intellectuels dont elle a le secret. Elle est source d’accablement pour ses amis qui la voient se perdre dans une polémique stérile sur l’identité nationale. L’opportunité politicienne de ce débat, sa conduite hésitante et ses finalités floues donnent en effet l’impression désastreuse que la France a peur d’elle-même. Il y a décidément quelque chose de pourri en République française.

[…] Quelles sont les finalités de cette affaire ? Apprendre La Marseillaise à l’école ? L’absurde le dispute au grotesque.

Non pas qu’il faille avoir honte de son chant patriotique. Mais plutôt que de se lamenter sur le fait que les jeunes connaissent mieux les paroles d’un chanteur à la mode plutôt que celles de l’hymne national, les Français devraient plutôt être fiers de savoir que La Marseillaise est connue.

Cette crispation sur les symboles nationaux est le symptôme le plus patent du malaise national transpirant à travers ce débat raté. C’est un réflexe de peur incompréhensible quand on connaît le poids et l’influence de la France en Europe et dans le monde. Tous les pays ont des problèmes d’immigration, les ex-pays coloniaux plus que les autres, mais nous savons bien que c’est moins l’islam qui pose problème que le manque de formation et le chômage.

[…] de la France qu’on aime et dont on a besoin, on attend des idées, des projets, et non pas le repli identitaire d’une vieille nation frileuse, plus occupée à ressasser les échecs du passé qu’à préparer ses succès de demain. Le légitime respect dont jouit toujours la France hors de ses frontières est un gage de reconnaissance précieux et un point d’appui pour redonner confiance aux Français. Un peuple confiant trouvera sa place dans l’Europe et le monde. Et ses gouvernants seraient bien inspirés d’en prendre conscience. »

Personnellement, mon attachement à la France (dont j’ai la nationalité) pendant les 25 ans où j’ai résidé en Flandre n’a jamais fait de doute. J’ai fait mes études en France et ai gardé ma nationalité française, malgré l’insistance des autorités flamandes qui voulaient que je devienne belge, que j’apprenne le néerlandais, que j’étudie en Flandre. Et pourtant, je ne chante plus la Marseillaise, hymne à l’incitation patriotique et outil de propagande nationaliste depuis que j’ai vu J-M Le Pen la glorifier à chacun de ses meetings. Je n’ai qu’une nationalité, mais me sens bi-culturelle, et l’appel au chauvinisme patriotique me choque et me fait peur. Et paradoxalement (ou peut-être pas d’ailleurs), je me sens moins française depuis que j’y habite. Les tracasseries administratives, l’arrivée de Nicolas Sarkozy au pouvoir, la chasse aux étrangers, et à ceux qui ne le sont pas , comme moi en somme, m’ont dégoûtée de ce pays, mon pays, dont je vantais les mérites encore en Belgique, pour lequel je me suis battue bec et ongles pour en rester la citoyenne. Ce pays qui en 2008 m’a dit que, parce que ma mère est née à l’étranger, je n’étais peut-être qu’une sale usurpatrice d’identité, et qui ma refusé de renouveler mes papiers d’identité, réputés peut-être « volés à un vrai Français ».

Alors on peut critiquer la tribune de M. Verhofstadt, ancien Premier Ministre d’un pays qui se déchire mais qui n’a pas à se poser la question de son identité, mais c’est pour l’instant la seule intervention qui soit sensée dans ce débat, et qui admet que ce débat est comme ce pays : il n’a qu’une obsession : les étrangers. Plutôt que de les accuser de tous les maux du pays, il serait peut-être plus utile d’étudier les raisons pour lesquelles les enfants de la République s’en détournent, et ne chantent plus la Marseillaise.