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Bienvenue sur le site de la Journée de l?Artisan !

La Journée de l’Artisan, dont la quatrième édition a lieu ce dimanche 7 février 2010, est organisée par le SPF Economie, PME, Classes moyennes et Energie à l’initiative de la Ministre des PME, des Indépendants, de l’Agriculture et de la Politique scientifique.

Des centaines d’artisans vous ouvrent les portes de leur atelier pour vous faire partager leur passion. Chocolatier, ébéniste, chapelière, sculpteur, styliste, créateur de bijoux,…

Partez à la découverte d’un savoir-faire exceptionnel, pour une journée pas comme les autres.

Il s’agit de partir à la découverte du savoir-faire de chez nous. Une initiative de Sabine Laruelle, Ministre des PME, des Indépendants, de l’Agriculture et de la Politique scientifique.

Pour plus d’infos, faites un tour ici.

Nous avons déjà évoqué la question du devoir moral chez les Flamands (ici et ). Un autre domaine où s’exprime cette notion d’obligation civique est la question du ramassage des ordures et notamment de leur tri sélectif. J’entends déjà certains Hexagonaux râler sur l’opportunité d’un tel tri (aah l’éternelle théorie du complot), et sur le caractère prétendûment fastidieux de cette tâche. Dîtes-vous bien qu’en Flandre, c’est pire. Et qu’en plus ça vous coûte beaucoup plus cher.

Je suis toujours étonnée quand on me dit que trier, c’est compliqué (à la limite) et demande plus d’efforts. Pour moi, jeter une bouteille dans telle poubelle plutôt qu’une autre n’est pas plus fatiguant. Heureusement, l’idée commence à faire son chemin, et c’est tant mieux, car n’oubliez pas que sivotre poubelle contient plusieurs déchets non autorisés, c’est tout son contenu qu’on ne peut plus recycler.

En Belgique, tout d’abord, pas de poubelles en « dur », tout se jette dans des sacs poubelles (hormis dans les tours HLM). Ceci présente l’avantage de ne pas devoir les rentrer le soir et traverser le salon avec. Evidemment, on ne peut les sortir le soir qu’après 19H (ce qui est vrai en France aussi mais plus rarement respecté… En Flandres un officier zélé peut vous dresser une amende…). Et le ramassage a lieu souvent aux petites heures du matin (6H30 en hiver, 5H30 en été dans ma petite commune de 35 000 habitants). Et non pas à 17H30 en pleine heure de pointe comme à Levallois-Perret ;-)  . Toujours dans ma petite ville, mais je suppose que cela doit être différent dans les plus grandes, le ramassage des déchets ménagers a lieu une fois par semaine seulement, le recyclable plastique une fois par quinzaine, le papier une fois par mois, et le tout toujours le même jour de la semaine. Le verre est à porter aux containers disséminés dans la ville.

Pour favoriser davantage le tri et éviter de jeter à tout-va, les municipalités ont aussi trouvé quelques astuces. Tout d’abord, le ramassage des encombrants n’existe pas (ou plus), car trop onéreux (auparavant il n’était pourtant organisé qu’une fois par an). Cela vous passe le goût de changer de fauteuils ou d’électro-ménagers tous les ans…  Ces déchets encombrants sont donc à porter par vos soins à la déchetterie de la ville, qui n’a rien à voir avec les déchetteries françaises. En Flandres, on vous demandera de séparer autant que possible les plastiques des bois et du métal, pour tout poser dans l’un de la vingtaine de containers placés à cet effet.

Mais surtout, là où les municipalités sont les plus rusées, c’est dans l’instauration du sac poubelle payant. En effet, seuls les sacs estampillés du logo de la ville sont ramassés. Ces sacs sont à acheter en mairie ou dans les supermarchés de la ville. Et ils ne sont pas donnés ! Le but est de facturer au maximum les sacs à déchets ménagers (1€ le grand sac), et de vendre beaucoup moins cher les sacs pour les plastiques recyclables (20 cts le grand sac). Ainsi, pour ne pas gaspiller les sacs à déchets, on est incité à utiliser au maximum les sacs à recyclage, ce qui évite de jeter des bouteilles plastiques encombrantes dans le mauvais sac. On ne jettera ainsi que des sacs poubelles remplis sur le trottoir. Et ça marche ! Le poids des déchets belges par foyer est presque de moitié moindre que celui de leurs voisins français. Et tout ça se passe sans rechigner….

PS : J’oubliais, mais il va sans dire qu’en plus de ces sacs surtaxés, les impôts sur le ramassage des poubelles sont plus élevés aussi de ce côté de la frontière…

C’est du moins ce qu’une grande majorité d’entre eux feraient si l’argent et le travail n’avaient pas d’impact sur le lieu d’habitation. La côte et la campagne ont aussi les faveurs des Néerlandais.

Et comme je les comprends !! Lors de mon dernier voyage aux Pays Bas l’été dernier, j’ai eu l’occasion de découvrir les petites bourgades d’Edam, Volendam, Monnickendam (mon préféré !!) et Marken, le pittoresque petit village de pêcheurs. Ces villages, à à peine 10 ou 15 kms d’Amsterdam, sont situés dans la région d’eau Waterland. Les canaux y sont légion, et cela donne un aspect particulier à cette campagne des polders. Evidemment on est loin de la campagne made in Normandie, mais c’est sans doute pas plus mal.

Loin du rythme de la ville, tout ici y est paisible et agréable. Les gens disposent souvent d’un petit canal au bout de leur jardin, et se déplacent en barques, façon Dawson’s Creek !

Malheureusement, les villes et les promoteurs immobiliers sont loins des préoccupations de calme et de verdure des habitants. Le gouvernement exige que 40% des nouvelles constructions aient lieu dans des zones déjà densément urbanisées, ce qui signifie souvent que l’on commence à construire des tours et des barres d’immeubles à la française au lieu des maisons individuelles dont rêvent les Hollandais.

L’un des facteurs prépondérants dans ce choix de vie hollandais est le contact avec la famille et les amis, et la préservation du lien social. Ce n’est évidemment pas dans les grandes villes que l’on connaît le mieux son voisin. On apprend ainsi que certaines régions des Pays Bas ont la côte, et que d’autres, telles Utrecht, pas tellement… L’étranger est aussi une alternative pour 25% d’entre eux. En première place des pays où il fait mieux vivre… la Belgique ! Arrivent ensuite la France, le Portugal et l’Italie, qui plaisent par leur climat. L’Allemagne aussi attire, mais oui, mais là c’est davantage pour son marché immobilier (l’immobilier est horriblement cher en Hollande – comptez 600 000€ pour une maison moyenne dans cette campagne amstellodamoise).

Je me rejoins à cette idée qui gagnerait à être appliquée en France, pays encore plus concentré que les Pays-Bas : deux tiers des sondés souhaiteraient que l’état favorise l’étalement des populations et la densification des campagnes en aidant les entreprises et les transports, ainsi que les théâtres et autres activités culturelles. Ceci permettrait de rendre attractives toutes les régions du pays… A méditer aussi en France où un habitant sur six habite en Ile-de-France, et où la moitié de ces Franciliens sont des provinciaux exilés pour le travail…

Internet une fois

« Mon fils est parti vivre en Belgique. Il se plaît bien, mais par contre il paraît que pour Internet c’est super chiant. »

C’est ainsi que s’est résumé la vie en Belgique par un homme que je rencontrais pour la première fois. Et en effet, je peux comprendre son point de vue.

Tout d’abord, si vous souhaitez vous abonner à Internet en Belgique, sachez que vous n’aurez pas beaucoup de choix. Deux opérateurs se partagent presque la totalité du marché : l’opérateur de téléphone Belgacom, et le cablo-opérateur Telenet. En France, où le câble n’est pas très développé et ne bénéficie pas toujours d’une bonne presse, on pourrait donc croire que seul Belgacom est la réelle alternative. Sachez juste qu’en Belgique, tout le monde est câblé (moyennant abonnement), et que la bonne antenne rateau n’existe pas. Les installations sont donc déjà existantes, et performantes.

Du fait de ce manque de concurrence, les prix sont assez élevés, surtout en rapport de la France, où le triple play est le moins cher d’Europe. Chez Belgacom, comptez 50€ minimum en fonction de la formule pour le triple play. Des offres quadruple play sont cependant disponibles. Chez Telenet, l’offre Internet varie en fonction du débit proposé (le câble vous permet d’être éligible à tous les débits, c’est donc vous qui choisissez) et surtout de la quantité de données téléchargées par mois. Pour une formule moyenne, comptez quand même 43€, plus les 13€ d’abonnement au câble télé. Et vous n’avez pas encore le téléphone à ce prix-là…. Les prix de l’Internet en Belgique sont ainsi les plus élevés d’Europe. Interrogés par Test-Achats il y a plusieurs mois sur cette forte différence avec la France (30€ l’offre triple play), les deux grands groupes ont simplement rétorqué que les prix pratiqués en France n’étaient pas ceux du marché, et n’étaient pas sains ni suffisants pour assurer la pérennité du service. Il est vrai qu’en Belgique je n’ai jamais eu de coupures, ni de difficultés à joindre mon opérateur (Telenet en l’occurrence), et surtout, je n’ai eu aucun mal à résilier mon abonnement quand j’ai quitté le pays (contrairement en France, où je suis restée en conflit avec Alice ADSL pendant deux ans et demi pour voir clôturer mon compte suite à un défaut de prestation de service).

Par contre, là où il faut se méfier, et moi-même j’ai eu le tour, c’est que le téléchargement est limité. Vous pouvez surfer autant que vous voulez, c’est donc bien une formule illimitée. Par contre, dès que vous téléchargez des données (téléchargement de fichiers, mais aussi MSN, streaming comme Youtube ou Deezer, jeux en ligne, etc…) vous prenez de la place sur la bande passante. Et c’est ça que les opérateurs belges veulent limiter. Ainsi, à l’époque, mon abonnement ne me permettait de télécharger qu’un Go de données par trente jours (soit l’équivalent de 3 épisodes de Desperate Housewives, ce qui est peu). Mon quota étant dépassé, ma connexion a été bridée pendant un mois, le temps que mon quota soit redescendu sous la barre du Giga dans les trente derniers jours… Il existe maintenant une formule qui autorise 60 Go de téléchargement, avec un débit de 25 Mo, mais à 61€ par mois…. La Belgique est l’un des derniers pays d’Europe à pratiquer ces restrictions.

Outre les utilisateurs, c’est maintenant Microsoft qui s’estime lésé par ce système. Microsoft qui, en raison des limitations de téléchargement, dit voir son offre de location de vidéo en ligne via Zune réfrénée. Ce lecteur multimédia, qui permet notamment de lire en continu (streaming) des films sur son poste de télévision en passant par la console de jeux Xbox, nécessite beaucoup de bande passante: de quelques centaines de mégabytes pour des films classiques jusqu’à 14 GB pour des jeux en haute définition.

Microsoft affirme que l’offre de téléchargement limité appliquée par des opérateurs tels que Belgacom ou Telenet l’empêche de déployer pleinement son service en Belgique. Le ministre de l’Economie Vincent Van Quickenborne a donc demandé au Conseil de la Concurrence et à l’IBPT, le régulateur des télécoms, de se pencher sur la question d’une éventuelle distorsion de concurrence.

Bientôt peut-être pourrons-nous donc dire adieu à ce système archaïque, alors que la Belgique a été le premier pays le mieux équipé en Internet haut-débit…

Si je devais nommer la plus grande différence entre Français et Néerlandais / Flamands, elle porterait je pense sur la notion de devoir. J’ai souvent rencontré des gens en France qui enfreignaient la loi (ou le réglement intérieur, n’exagerons rien !) parce que ça les arrangeait bien, et parce qu’ils n’y voyaient pas grand mal. Que ce soit mal vu était sans importance, que cela soit préjudiciable à autrui n’était pas un argument. Sans parler de réel égoïsme (tous les Occidentaux le sont après tout), je pense qu’il y va là du je-m’en-foutisme général.

En Flandres, et a fortiori je pense aux Pays-Bas, c’est un peu l’inverse. Le sens du devoir social et surtout, le regard d’autrui, y sont très importants. Dernier exemple en date : le déblayage de la neige. Les Pays Bas sont frappés par de fortes tempêtes de neige ces derniers temps, auxquelles il faut ajouter des températures glaciales et, pour ce week-end, beaucoup de vent. Récemment, la majorité des communes avaient retiré de leur réglement communal l’obligation de déneiger les voiries, pour éviter les procès. Résultat, le Premier Ministre Balkenende a aujourd’hui rappelé les habitants à leur sens civique : il faut déblayer son trottoir, parce que c’est bon pour les autres. Parce que c’est comme ça, et qu’il faut bien le faire, les gens se plient de bonne grâce à cette invective de bon sens. Et de rappeler qu’à l’étranger, il est encore obligatoire de déneiger, sous peine d’amende et de responsabilité civile en cas d’accident. Je me souviens qu’en Flandre ma mère, qui n’était pas en état de nettoyer son long trottoir, n’avait qu’une peur bleue tous les hivers que quelqu’un se casse la figure devant chez elle. Elle en était tellement malade qu’elle a déménagé dans un appartement. En France, je ne suis pas sure qu’on s’en serait autant préoccupé….

Et d’ailleurs, avec le blizzard annoncé pour ce week-end dans le coin, il va bien falloir se résoudre à sortir nous-mêmes les pelles et les balais : Bruxelles annonce ne plus avoir assez de sel que jusqu’à mardi, les Pays Bas jusqu’à lundi ! Sortez les pelles et chaussez vos crampons !!

Qui ne s’est jamais plaint de devoir passer de très longues minutes (voire heures !) à essayer de joindre son opérateur Internet ou téléphone ? Même si le temps d’attente n’est plus censé être facturé des deux côtés de la frontière, la nuisance reste la même.

C’est pourquoi le ministre Belge des Telecommunications Vincent Van Quickenborne vient de faire approuver en Conseil des Ministres un plan en dix points pour améliorer le service client chez les fournisseurs d’accès.  Le point le plus remarquable est l’obligation faite aux opérateurs de répondre en deux minutes trente maximum aux appels de leurs clients !

Le but est de contrer le rapport de force qui existe aujourd’hui entre opérateurs et consommateurs, et de renforcer la protection de ces derniers. Il espère qu’il en découlera des factures plus transparantes, moins de démarches administratives lors d’un changement d’opérateur, et un service clientèle plus efficace et tourné vers le consommateur.

Celui qui n’aura pas réussi à obtenir quelqu’un au bout des deux minutes trente devra avoir la possibilité de laisser ses coordonnées sur un répondeur, et être rappelé dans les 24H gratuitement.

La notion de service clientèle étant toujours cruciale au Benelux, il n’est pas étonnant que les consommateurs se rebiffent. Et pourtant, pour avoir testé plusieurs opérateurs de chaque côté de la frontière, force est de constater qu’en France la guerre des prix (et les délocalisations des services clientèles qui vont avec) n’a rien fait pour arranger la situation. Jamais en Belgique on ne m’a répondu à la question « Pourquoi n’avez-vous toujours pas déménagé ma ligne Internet au bout de deux mois? » par cette réponse : « La vie de ma mère M’dame, la semaine prochaine, t’as Internet »…

Eh oui, le service client en France a très mauvaise réputation à l’étranger. Alors forcément, quand un Belge ou un Hollandais, non seulement plus exigeant mais aussi habitué à meilleur service, débarque en France, il a du mal à s’adapter…

On a beaucoup parlé des dysfonctionnements (pour dire le moins) d’Eurostar le week-end dernier et début de semaine, où à cause des conditions météo défavorables, le trafic a été interrompu pendant plusieurs jours, avec cinq trains (et Claudia Schiffer) coincés dans le tunnel pendant des heures.

En France, l’une des seules réactions notables à l’incident, c’est « l’indignation bling-bling » du Président Sarkozy, qui en bon Empereur, a exigé une reprise à 100% dès lundi matin. Point barre. Que Guillaume Pépy se débrouille avec ça. A part ça, on cherche à comprendre ce qui a pu aller de travers, mais les réactions sont encore relativement modérées.

En Belgique aussi, on a souffert de l’arrêt de l’Eurostar (qui dessert aussi Bruxelles). Sauf que là, même la presse est intraitable. En plus de reprendre les propos colériques du spécialiste voyages de Test-Achats (« Les droits des passagers ont été violés de façon flagrante »), les journalistes y vont de leurs petits commentaires, et loin de s’en tenir à leur devoir de réserve, dressent la liste des gaffes du transporteur : pas d’information sur le site Internet, ni de traces d’un numéro à appeler; pas de boissons ni d’alimentation à bord du train (« il n’est pas possible qu’il n’y ait rien à manger dans ces trains, au moins pour la 1ere classe » : en tout cas, pour les TGV courte distance, il n’y a en effet plus d’alimentation à bord); pas d’assistance au voyageur (un couple avec enfants s’est vu renvoyer à l’hôtel alors qu’une demi-heure plus tard, un train quittait la gare avec des enfants, jugés prioritaires. « Ils pourraient les poursuivre ! »); pas de compensation pour les nuits d’hôtel, sauf pour les Britanniques coincés à l’étranger. Bref, un manque de service qui ne passe pas chez les Belges. Pourtant, le trafic national a été également fort perturbé, mais là, on n’a rien dit. Il faut dire que les conditions climatiques y étaient encore pires qu’en France, les gens ont sans doute été plus compréhensifs quand il s’agissait de ne pas avoir de train pour aller travailler.

Mais ceux qui ont vraiment souffert du mauvais temps cette semaine, ce sont les Hollandais : seulement 15% des trains circulaient le week-end dernier ! Chez les Bataves non plus, on ne rigole pas avec la notion de service. Même si ici, contrairement à la France, on a conscience que, ben, c’est l’hiver, et qu’il faut se résoudre à moins prendre la route quand il neige et fait du verglas. Et même si ici la Reine n’a pas émis d’ordre vague et péremptoire à la Sarkozy Ier, la chambre des députés a quand même demandé une enquête sur les conditions de ces ratés, et comment les éviter à l’avenir. Au moins c’est un peu plus constructif. En attendant, les chemins de fer hollandais sont la risée de leurs voisins allemands, dont le climat est sensiblement le même, mais où le trafic est bien plus constant. Il faut dire qu’ils investissent énormément préventivement, et dégèlent les voies tous les jours pour éviter les problèmes… Ils se disent donc prêts à conseiller leurs voisins si besoin…

RTE, gestionnaire des réseaux électriques français, nous avait prévenus il y a quelques semaines : la France risque la coupure d’électricité cet hiver. La faute à une demande supérieure à la capacité de production hexagonale, suite à l’arrêt de plusieurs centrales nucléaires. Mais aussi car la France est le pays d’Europe où les foyers se chauffent le plus à l’électrique ! En effet, deux tiers des Français utilisent ce mode de chauffage, pourtant réputé en Belgique comme inefficace, du  fait de son rendement énergétique inférieur à celui du gaz naturel, par exemple.

Moi-même, j’ai été très surprise de voir en arrivant en France qu’il était légal de louer un appartement avec juste un « grille-pain » par pièce. Le froid et l’humidité qui en résultaient auraient fait déclarer l’habitation insalubre en Flandres !

Mais c’est ainsi, puisque les Français sont persuadés que le chauffage électrique coûte moins cher, gavés qu’ils sont par la communication pro-nucléaire des gouvernements successifs depuis la crise pétrolière, les voilà en pénurie. On avait d’abord parlé de la Bretagne comme zone à risque, et c’était lundi au tour de deux millions d’habitants de PACA de se retrouver sans électricité.

Dans un pays comme la France, difficile de faire respecter des consignes civiques de bon sens pour réduire sa consommation, mais si néanmoins vous souhaitez faire un geste  pour alléger la facture des importations (notamment issues de Belgique-haha), voici quelques tuyaux :

- réduisez au minimum l’utilisation des appareils électro-ménagers, voraces en énergie : limitez l’usage du four (on peut bien s’en passer quelques jours, non ?), le fer à repasser (votre T-shirt moulant a-t’il bien besoin d’être repassé ?), bannissez le sèche-linge (c’est mauvais pour vos vêtements de toute façon).

- faîtes vos lessives après 21h. En effet, le pic de consommation est généralement atteint entre 17 et 20h, quand les bureaux ne sont pas encore fermés, mais que les gens sont déjà rentrés chez eux.

- Ne surchauffez pas ! La température recommandée dans une pièce à vivre est de 19°C, pas 23. 17°C dans la chambre vous assurera un meilleur sommeil. Et en hiver, ben… on traîne pas en chemise chez soi, on met un pull !

Avec les abondantes chutes de neige de ces derniers jours, nous qui n’avons pas l’habitude de gérer les intempéries nous effrayons dès qu’il faut prendre la route pour aller bosser. Nous estimons donc que la complaisance de nos patrons va de soi, vu les circonstances météo…

Et bien, en Belgique, alors que le Ring de Bruxelles et l’aéroport de Zaventem ont dû être fermés temporairement ce weekend, la Fédération des Entreprises Belges (FEB) ne l’entend pas de cette oreille ! En effet, d’après son directeur-général Pieter Timmermans, « la neige n’est pas une excuse pour arriver en retard au travail ! ».

Les trains et les bus fonctionnant relativement correctement ce lundi, c’est donc à l’employé de prendre des mesures pour arriver à l’heure.

« La règle générale est que chacun doit faire le maximum pour se rendre au travail », explique le directeur-général. « Beaucoup dépend du secteur. Ainsi, en ce qui concerne celui de la chimie, les installations ne peuvent pas être mises à l’arrêt sous prétexte que le personnel ne parvient pas à se rendre au travail ».

Des arguments comme « Je n’ose pas conduire à cause de la neige » ne comptent pas. « Ce n’est pas une excuse. Si vous êtes attendu sur votre lieu de travail, vous devez trouver une solution, quitte à prendre les transports en commun ou à faire du co-voiturage avec l’un ou l’autre collègue ».

Le salaire sera réduit en fonction des retards. « Vous n’avez qu’à partir à temps. Vous êtes également tenus de vous informer, notamment en écoutant la météo. Ce n’est qu’en cas de circonstances imprévues que vous pouvez vous présenter en retard, sans que cela n’influe sur votre salaire », conclut Kris De Meester de la FEB.

Ca ne rigole pas de ce côté de la frontière… Pas question ici de se la jouer roublarde à la française…

La loi anti-tabac belge

Encore sans doute un bel exemple du surréalisme belge que la lutte contre le tabac dans les lieux publics belges.

Alors que dans mon souvenir, avant mon départ de Belgique en 2006, il était déjà interdit de fumer dans les restaurants, et je le pensais, dans les discothèques, en réalité, depuis 1991, un arrêté royal interdit de fumer dans certains « lieux fermés et accessibles au public », parmi lesquels les cafés et les restaurants de plus 50 m². L’interdiction a été étendue aux lieux de travail le 1er janvier 2006. En 2007, les espaces « fumeurs » dans les restaurants devaient être des pièces isolées où toute consommation de boisson ou nourriture serait interdite.

Face à de nombreuses violations, le gouvernement a souhaité adopter un nouveau calendrier pour durcir la mise en place de la loi anti-tabac. Seulement, celle-ci se fera de façon progressive, à nouveau. Dès le 1er janvier prochain,  il sera donc interdit de fumer dans les restaurants et les cafés, mais seulement ceux où l’on sert de la nourriture (eetcafés). L’interdiction ne sera totale dans l’horeca qu’en 2014, alors que l’année 2012 avait dans un premier temps été évoquée.

Bref, une mise en place progressive (et longue pour les détracteurs de fumée, tel la Ligue contre le Cancer, qui compte faire appel) qui brouille un peu le signal pour les consommateurs, tels que moi qui étais persuadée que l’interdiction était déjà valable en boîtes, resto et cafés avant même la France…

On déplore donc la mise en place tardive de l’interdiction totale (pour tous les cafés), qui causerait 5000 morts supplémentaires du tabagisme passif d’ici à 2014 ! Les cafetiers non plus ne sont pas à la fête. Effet pervers du nouveau calendrier: d’après un sondage de la Gazet van Antwerpen et de Het Belang van Limburg, 75% des gérants de eetcafés préfèreront retirer toute restauration de leur carte que d’interdire la cigarette ! Ceux qui souhaitent respecter la nouvelle législation devront faire fumer en terrasse, où dans des locaux fermés où l’on ne sert pas d’alimentation. Et l’avenir alors ? Plus de 60% d’entre eux le voient très sombre. Il faudra pourtant bien s’y mettre à un moment ou à un autre. Dommage, car le eetcafé était une spécificité bien sympatoche du Benelux…

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