« Mon fils est parti vivre en Belgique. Il se plaît bien, mais par contre il paraît que pour Internet c’est super chiant. »
C’est ainsi que s’est résumé la vie en Belgique par un homme que je rencontrais pour la première fois. Et en effet, je peux comprendre son point de vue.
Tout d’abord, si vous souhaitez vous abonner à Internet en Belgique, sachez que vous n’aurez pas beaucoup de choix. Deux opérateurs se partagent presque la totalité du marché : l’opérateur de téléphone Belgacom, et le cablo-opérateur Telenet. En France, où le câble n’est pas très développé et ne bénéficie pas toujours d’une bonne presse, on pourrait donc croire que seul Belgacom est la réelle alternative. Sachez juste qu’en Belgique, tout le monde est câblé (moyennant abonnement), et que la bonne antenne rateau n’existe pas. Les installations sont donc déjà existantes, et performantes.
Du fait de ce manque de concurrence, les prix sont assez élevés, surtout en rapport de la France, où le triple play est le moins cher d’Europe. Chez Belgacom, comptez 50€ minimum en fonction de la formule pour le triple play. Des offres quadruple play sont cependant disponibles. Chez Telenet, l’offre Internet varie en fonction du débit proposé (le câble vous permet d’être éligible à tous les débits, c’est donc vous qui choisissez) et surtout de la quantité de données téléchargées par mois. Pour une formule moyenne, comptez quand même 43€, plus les 13€ d’abonnement au câble télé. Et vous n’avez pas encore le téléphone à ce prix-là…. Les prix de l’Internet en Belgique sont ainsi les plus élevés d’Europe. Interrogés par Test-Achats il y a plusieurs mois sur cette forte différence avec la France (30€ l’offre triple play), les deux grands groupes ont simplement rétorqué que les prix pratiqués en France n’étaient pas ceux du marché, et n’étaient pas sains ni suffisants pour assurer la pérennité du service. Il est vrai qu’en Belgique je n’ai jamais eu de coupures, ni de difficultés à joindre mon opérateur (Telenet en l’occurrence), et surtout, je n’ai eu aucun mal à résilier mon abonnement quand j’ai quitté le pays (contrairement en France, où je suis restée en conflit avec Alice ADSL pendant deux ans et demi pour voir clôturer mon compte suite à un défaut de prestation de service).
Par contre, là où il faut se méfier, et moi-même j’ai eu le tour, c’est que le téléchargement est limité. Vous pouvez surfer autant que vous voulez, c’est donc bien une formule illimitée. Par contre, dès que vous téléchargez des données (téléchargement de fichiers, mais aussi MSN, streaming comme Youtube ou Deezer, jeux en ligne, etc…) vous prenez de la place sur la bande passante. Et c’est ça que les opérateurs belges veulent limiter. Ainsi, à l’époque, mon abonnement ne me permettait de télécharger qu’un Go de données par trente jours (soit l’équivalent de 3 épisodes de Desperate Housewives, ce qui est peu). Mon quota étant dépassé, ma connexion a été bridée pendant un mois, le temps que mon quota soit redescendu sous la barre du Giga dans les trente derniers jours… Il existe maintenant une formule qui autorise 60 Go de téléchargement, avec un débit de 25 Mo, mais à 61€ par mois…. La Belgique est l’un des derniers pays d’Europe à pratiquer ces restrictions.
Outre les utilisateurs, c’est maintenant Microsoft qui s’estime lésé par ce système. Microsoft qui, en raison des limitations de téléchargement, dit voir son offre de location de vidéo en ligne via Zune réfrénée. Ce lecteur multimédia, qui permet notamment de lire en continu (streaming) des films sur son poste de télévision en passant par la console de jeux Xbox, nécessite beaucoup de bande passante: de quelques centaines de mégabytes pour des films classiques jusqu’à 14 GB pour des jeux en haute définition.
Microsoft affirme que l’offre de téléchargement limité appliquée par des opérateurs tels que Belgacom ou Telenet l’empêche de déployer pleinement son service en Belgique. Le ministre de l’Economie Vincent Van Quickenborne a donc demandé au Conseil de la Concurrence et à l’IBPT, le régulateur des télécoms, de se pencher sur la question d’une éventuelle distorsion de concurrence.
Bientôt peut-être pourrons-nous donc dire adieu à ce système archaïque, alors que la Belgique a été le premier pays le mieux équipé en Internet haut-débit…